Enjeux de société

« Des pratiques féministes face aux violences faites aux femmes »

Non, la Maison des Femmes n’est pas un centre social de plus !

La vocation de cette maison quand elle a ouvert en 2000 était –dans la continuité du mouvement des femmes- d’offrir un lieu pour que les femmes puissent oser dire, après des siècles de parole muselée, et, sans omettre la douleur et la plainte, savoir analyser ce qui fait mal, élaborer des projets de luttes et des résistances, organiser des collectifs pour les faire aboutir et faire évoluer une société machiste.

Bref un véritable projet politique !

Las, 8 ans après, à l’instar des médias, nous n’avons plus que des histoires personnelles de cœur, de couple, de famille qui ne sont que le reflet du mal-être social, des femmes à la rue faute de logement, une inconscience politique à hurler, une inculture qui m’effraie !

Avec la chronique d’un quotidien sordide, nous sommes très loin du grand souffle de mai 68 qui avait ébouriffé les vieilles brumes conservatrices et, plus qu’une insurrection,, cette période avait laissé espérer une véritable résurrection…

Avec le social, nous sommes encore dans le compassionnel, mentalité issue du christianisme.

Tous les groupes fragiles, femmes, enfants, vieillards,  sont des proies plus faciles à manipuler ! Le social n’est qu’une imposture, il n’est là que pour masquer la carence des politiques qui n’ont pas su ou pas voulu prendre les décisions à temps !

Ce n’est pas le social qui rendra l’individu à son autonomie et par conséquence, sa liberté. Seul l’élan collectif, capable de créer des rapports de force, peut changer la donne !

Mais où sont les neiges d’antan ? Quand fera-t-il jour camarades ?

Thérèse Clerc, 29/01/2008

 Thérèse Clerc, la fondatrice de la Maison des Femmes qui porte aujourd’hui son nom, nous alertait sur le risque d’oublier que seules la lutte collective et la vigilance apporteront des changements durables et profonds, d’où le choix de 50% des actions au portage politique de la thématique choisie pour ce tournant important de notre histoire. 

Lutter contre les violences faites aux femmes, que l’on soit concernée ou solidaire doit nous mobiliser collectivement. La tâche est lourde mais le combat juste et …urgent !