Communiqué de presse du Collectif National pour les Droits des Femmes

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Ainsi, les premières mesures sont tombées pour contrer les violences au sein du couple avant même la réunion du Grenelle.
Nous pourrions nous féliciter d’une telle promptitude si nous ne savions pas que depuis l’annonce de ce Grenelle par Marlène Schiappa, (7 juillet 2019) 27 femmes ont été tuées par leur conjoint ou leur ex. Si ces mesures ne nécessitaient aucune discussion, il fallait les prendre d’emblée !
Venons en maintenant à ces propositions :
400 commissariats seront « audités » afin de déterminer s’il y a dysfonctionnement. Mais les féministes savent d’ores et déjà que certains commissariats ne prennent pas de plaintes ou seulement des mains courantes. La loi oblige à prendre les plaintes, nul besoin d’audit pour appliquer la loi.
Les 1000 places d’hébergement d’urgence prévues paraissent bien insuffisantes face aux 200 000 femmes victimes chaque année de violences conjugales.
La généralisation du dépôt de plainte à l’hôpital ? Emmanuel Macron avait promis le 25 novembre 2017 de permettre les dépôts de plainte dans les centres d’hébergement. Où en est-on déjà de cette mesure avant de faire de nouvelles préconisations ?
Le bracelet électronique « antirapprochement » paraît être la mesure miracle, comme l’était à l’époque le « téléphone grave danger » qui bien souvent n’a jamais été attribué. L’efficacité de cet outil sera tributaire d’une ferme volonté politique d’éradiquer les violences au sein du couple.
La réforme de l’autorité parentale s’impose. Bien souvent en France, on fait prévaloir à tous prix les « liens du sang » alors que l’on sait que des violences terribles sont perpétrées au sein de la famille. Nous attendons de voir.
Enfin, les féministes réclament de longue date des pôles spécialisés violences ou des tribunaux spécialisés avec des compétences pénales et civiles. Que seront ces procureurs « référents » et ces chambres d’urgence ? Nulle part il n’est fait référence de l’état très difficile de la justice en France et des moyens dont elle a cruellement besoin.
Nulle part il n’est fait état non plus des difficultés qu’ont les femmes à déposer plainte, des nombreux non lieux et classements sans suite qui montrent la difficulté de l’appareil judiciaire à recevoir la parole des victimes.
Nulle part, il n’a été fait état d’ailleurs du milliard d’euros nécessaire pour mener à bien une politique publique. Une vrai volonté politique se mesure aux crédits qui sont attribués.
On nous annonce des mesures de fond par la suite. Le Collectif National pour les Droits des Femmes, blacklisté du Grenelle, attend la suite avec scepticisme

Suzy Rojtman